Par Maxime Pisano
UMP Lorraine : La stratégie de " l'ouverture" et de "la diversité politique"
L’exercice est connu. Reconnaissons à l’UMP
Lorraine son incroyable capacité à manier l’art du langage en politique. La communication politique, ce sont évidemment des concepts, des mots martelés et placés à tout va. A ce petit jeu,
Laurent Hénart et son ancien mentor André Rossinot sont des experts. Une brève analyse de leurs discours met en avant quelques mots-clés, à défaut d’idées-forces : « ouverture »,
« aventures partagées », « rassembler », « diversité politique », etc.
Le message politique est simple : endosser le costume du centriste et du républicain bon teint, capable de rassembler autour de lui des gens issus d’horizons politiques différents. Pas des gens issus de la diversité. Pas des gens de la société civile. Non, ce qui compte c’est d’afficher autant de partis que de perles à un collier, quitte à complètement s’asseoir sur le fait que ces partis ne soutiennent absolument pas les candidats de la liste Hénart : le MoDem a sa propre liste et ne soutient pas Luc Binsinger; le Parti radical de gauche, par la voix de sa direction nationale, a réaffirmé sa doctrine d’alliances à gauche. Remarquez par ailleurs le fait que Laurent Hénart, dans sa volonté de passer pour un centriste, quelqu’un de modéré, ne met en avant que ces partis. Exit le Mouvement Pour la France de Philippe de Villiers, exit le Nouveau Centre, le parti croupion de la majorité.
Problème de cette stratégie : elle est à double tranchant. En focalisant sur la liste et sa « diversité politique » – joli mot, au passage, pour parler de débauchages et d’ambitions personnelles assouvies – on prend le risque de susciter la critique sur cette même liste, et d’attirer l’attention sur ses contradictions internes, notamment sur le fait que son bouclage a été fait dans la douleur, selon les propres dires des membres de l’UMP.
On voit bien la progression de la communication politique de Laurent Hénart. Phase 1 : tenter de démolir le bilan Masseret, en ne trouvant comme seul cheval de bataille que les prétendues dépenses exorbitantes de la Région (échec). Phase 2 : mettre en avant l’ouverture de sa liste (échec également). Allons, M. Hénart, encore un effort, la phase 3 c’est le fond.
Mais avant le 14 mars, s’il vous plaît.
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