Partager l'article ! Dossier de la semaine : Le développement durable, garant de la démocratie: Aujourd’hui, qui peut nier le changement climatique, la dégra ...
Aujourd’hui, qui peut nier le
changement climatique, la dégradation de l’écosystème, la hausse des produits alimentaires et le coût élevé de l’énergie ?
L’évidence s’impose. Chaque habitant de la planète se trouve inévitablement confronté à cette situation, et ceci d’autant plus douloureusement que cette nouvelle situation succède à une période de prix relativement bas de l’énergie et de surproduction agricole dans certains pays développés. Toutes ces difficultés ont une origine commune : la crise inédite et sans précédent de l’épuisement des ressources renouvelables avec ses quatre composantes : alimentaire, climatique, énergétique et écologique.
L’impact de la crise aggrave lourdement les inégalités.
Plus on est riche, plus on contribue à la pollution et moins on y est exposé. En revanche les plus pauvres subissent cette crise qui accentue leur précarité. Le pouvoir d’achat se trouve également menacé par la hausse des produits de base et la sécurité de l’emploi est mise à mal par des délocalisations qui essaient de se justifier par une production à moindre coût. Bien évidemment, ce sont toujours les populations les plus fragiles qui sont les plus affectées.
La crise est structurelle.
La crise écologique voit se multiplier les catastrophes climatiques provoquant des inondations et des
famines dans certaines régions du globe. La disparition d’espèces animales et végétales, la pollution de l’air et de l’eau, leur impact sur la santé sont la conséquence du mode actuel de
développement.
La crise alimentaire était parfaitement prévisible au regard de l’accroissement démographique sur la planète de la désertification des sols et de la dégradation de la fertilité des terres agricoles. Ces dernières années, les programmes disproportionnés de la production d’agro-carburants n’ont fait qu’aggraver cette crise.
La crise énergétique était prévisible depuis l’alerte donnée par le second choc pétrolier des années 70.On n’a pas su en tirer les enseignements nécessaires pour éviter le troisième choc pétrolier auquel nous sommes confrontés aujourd’hui. Celui-ci traduit clairement le début de l’épuisement progressif des énergies fossiles et plus particulièrement des ressources pétrolières.
Cette situation va générer de graves déséquilibres.
Les pays pauvres vont connaître des difficultés accrues pour satisfaire les besoins les plus vitaux pour leurs populations, ce qui n’est pas sans mettre en danger non seulement leur économie mais aussi la paix sociale. Les autres pays vont devoir dépenser davantage pour acheter l’énergie dont ils ont besoin et ce, au détriment d’autres dépenses nécessaires à la qualité de vie de leurs citoyens. L’importance croissante de la dépense énergétique dans le budget de chaque ménage ne peut qu’accentuer les inégalités entre les personnes, les situations professionnelles.
L’Histoire nous enseigne que la raréfaction des ressources entraîne inévitablement violences et guerres civiles voire internationales auxquelles la démocratie ne résiste pas.
L’urgence sociale et l’urgence écologique sont donc étroitement liées.
Le développement durable s’inscrit dans une démarche de conquête de nouveaux droits sociaux et environnementaux.
Pour assurer la cohésion sociale, il faut inventer de nouvelles réponses et créer une sorte de « sécurité
sociale environnementale » dont l’objectif serait de lutter contre cette société duale où, d’un côté, une minorité décide de façon autoritaire de la répartition des ressources sans se
soucier des dommages sociaux et environnementaux qui pourraient en résulter, et de l’autre, la plus grande partie de la population confrontée à la rareté des ressources et aux dommages sur
l’environnement d’une société où sévit la violence. En matière énergétique, la priorité du développement doit être de concentrer les efforts sur la diminution de la consommation d’énergie. Le
Développement Durable encourage la recherche d’énergies renouvelables, véritables sources d’économie d’énergie dans le logement, les transports, l’appareil productif.
Favorable au développement humain plutôt qu’à la seule croissance, le développement durable envisage de construire un nouveau mode de production et de distribution écologique et solidaire. Il s’agit de satisfaire les besoins de tous en permettant la régénération des écosystèmes, en privilégiant le caractère recyclable des produits mais aussi le pouvoir d’intervention des travailleurs et des citoyens sur leur mode de vie et sur leurs conditions de travail. Ceci passe par l’abandon d’une croissance uniquement mesurée par un P.I.B. qui n’intègre aucune donnée relative à la destruction des ressources naturelles et aux menaces sur la santé. Place doit être faite aux indicateurs de développement, de qualité de vie et de solidarité.
Le développement durable a pour ambition le progrès qui assure l’émancipation, l’épanouissement de chacun, et qui fonde un véritable humanisme écologique. C’est dans cette perspective que le développement durable devient le garant de la démocratie et de la paix sociale.
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