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Maxéville, un nouvel Elan
Groupe Municipal de Gauche
Metz. « On a voté un milliard en trente secondes, on ne va quand même pas se prendre la tête maintenant… » Cri du cœur du président Jean-Pierre Masseret au finish d’une session publique de deux jours du conseil régional de Lorraine, le propos avait hier après-midi autant saveur de spontanéité que l’expression d’une réalité. Ainsi en sera-t-il, à Metz comme partout ailleurs, dans les hémicycles politiques les prochains mois en 2012 : on vote des sommes parfois hallucinantes les yeux fermés ou pas loin, avant de se plonger avec délice dans le moindre passage pour nourrir la polémique, histoire de se ressourcer dans ce vaste théâtre de postures prédéfinies.
Un jeu de rôle grandeur nature, d’ailleurs, ceux qui nourrissent ou répliquent à la dite polémique ne semblant eux-mêmes pas toujours croire ce pour quoi ils feignent de s’offenser.
« Si on faisait tourner les éoliennes avec la mauvaise foi de l’UMP… »
Bref, quelques heures après avoir voté le budget, et juste avant de voter cinq millions d’euros en faveur du Skylander dans le secret des débats de la commission permanente (ils assureront les salaires et la comptabilité immédiate des prochains mois sous forme d’avance remboursable), les conseillers régionaux se sont échauffés, pour la forme, autour de deux motions. Deux occasions rêvées pour une double piqûre de rappel des arguments traditionnels des uns et des autres. D’abord sur la question scolaire, avec une motion de la majorité socialiste contre les coupes franches chez les personnels enseignants de l’Éducation Nationale.
« Une nouvelle saignée pour la Lorraine » dénonce M. Fournel avec 803 postes appelés à disparaître : 425 dans le second degré, 367 dans le premier degré et 11 postes de personnels administratifs et techniques. Mme Babouhot, pour l’UMP, fait grincer des dents quand elle déclare maladroitement qu’il y a « eu concertation » sur ce dossier. Et de rappeler l’argument comptable d’une base démographique de la région.
« Faux » répliquent les travées de gauche. Mme Becq-Vinci s’énerve contre cette « motion caricaturale » qui « fait dire n’importe quoi aux chiffres ». Nadine Morano monte au créneau, mais Christophe Choserot a la formule qui claque : « Si on faisait tourner les éoliennes avec la mauvaise foi de l’UMP, on pourrait sortir du nucléaire ! ».
Et hop, une deuxième motion pour reprendre le rythme, avec cette fois la droite qui prend position sur la loi de 1905 sur la laïcité, visant directement la sortie de François Hollande, désireux de la voir inscrite dans la Constitution. « Voilà qui préfigure une remise en cause du droit local Alsace-Moselle » lance la ministre de la formation et de l’apprentissage. « Cela n’a rien à voir et c’est totalement faux, c’est un argument malhonnête » s’irrite Jean-Pierre Liouville (PS).
Antoine PETRY
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