Partager l'article ! Article "Est Républicain" : Le retour de Sarkozy: Près de deux ans après Gandrange, le chef de l'Etat revient demain jeudi dans une Lorraine ...
Près de deux ans après Gandrange, le chef de l'Etat revient demain jeudi dans une Lorraine ébranlée
par la crise. Et les sujets de préoccupation ne manquent pas : sidérurgie, compensations militaires...
Armée, automobile, sidérurgie, chimie... A ne plus
savoir où donner de la tête ! Nicolas Sarkozy arrive demain dans une région classée en tête du sinistre hit-parade hexagonal des destructions d'emplois liées à la crise. Le nord de la France est,
certes, lui aussi dans le dur, mais amortit le choc grâce à un meilleur bilan dans la création d'emplois. Le sombre cocktail qui définit la tessiture économique de la Lorraine fait des ravages
depuis la chute de Lehman Brothers, voilà un peu plus d'un an. La réduction des dépenses publiques concernant les armées, aura été l'amère cerise sur le gâteau, pour une région qui n'avait déjà
pas besoin de ça. Et encore n'ose-t-on pas imaginer la situation sans le Luxembourg et sa manne de 75.000 salaires : un sur huit...
Appliquée aux entreprises de plus de 20 salariés, la carte dessinée par le cabinet de conseil France Industrialisation et emploi (voir infographie) rappelle, à ceux qui en doutaient encore, à
quel point les quatre départements ont perdu des forces dans la bataille de la récession. Et en particulier celui de la Moselle, secteur phare dans le classement des pertes sèches : sur les 12201
postes disparus sur les huit premiers mois de l'année 2009, la Moselle en recense plus des trois quarts, avec 9124 emplois évaporés.
La cokerie de Carling (750), Arkema à Saint-Avold (168), Automobile Johnson Control à Sarreguemines, (347), FM Logistic à Woippy (347) nourrissent une liste (non exhaustive) des plans sociaux
d'un secteur où la dernière visite du Président de la République nous renvoie aux inquiétudes de fermeture de... Gandrange. Et à la bise d'espérance soulevée par sa venue. On sait, avec le recul,
ce qu'il en advint.
Quelles compensations militaires ?
Entre l'agacement des uns (Dominique Gros constatant son absence à Metz où 5700 emplois militaires disparaîtront), l'amertume des élus de Moselle-Est et la rancœur des sidérurgistes amers face
aux promesses non tenues, la venue de Nicolas Sarkozy s'annonce donc comme un trouble mélange d'impatience et de méfiance. Tout sauf un hasard, elle se concentrera sur une visite de la Smart à
Hambach, la seule niche automobile à être passée entre les gouttes de la récession grâce à la vogue US des petits modèles. Une visite rapide (un peu plus d'une heure) des chaînes de montage
suivie d'une allocution devant les salariés, avant d'enchaîner par une très attendue « table ronde sur le thème de l'accompagnement des restructurations militaires » à Woippy. « En
principe, quand un chef de l'État vient en province, c'est en général pour annoncer des bonnes nouvelles » souffle Fernand Lormant, le maire de Dieuze, un secteur bientôt amputé d'un pouvoir
d'achat de 30 millions d'€ de pouvoir d'achat, avec le départ des 900 hommes du 13è régiment de parachutistes. « Mais je suis comme tout le monde, je ne crois que ce que je vois ».
Échaudée, la Lorraine attend de voir.
Est Républicain