Partager l'article ! An 09 – Semaine 06 - Marie Marvingt, la femme aux mille exploits.: Au Complexe Sportif Marie Marvingt, où je me rendais, l'autre matin, pour u ...
Blog
Maxéville, un nouvel Elan
Groupe Municipal de Gauche
Au Complexe Sportif Marie Marvingt, où je me rendais, l'autre matin, pour une réunion de travail, une fillette m'apostrophe: « Dis, tu sais,
toi, qui c'est Marie Marvingt ? »... « Oui, je sais, je l'ai même croisée dans la rue, et en vélo ! »... « Non, c'est pas vrai »... « Mais si, c'est vrai, tu
veux en savoir plus ? »... « Ben oui, je veux bien »...
« A l'époque, j'avais ton âge, 11-12 ans, j'habitais Nancy, rue Lyautey, près de la Place Stanislas... Marie Marvingt résidait 8 Place de la Carrière, dans un petit appartement qui donnait aussi sur la Pépinière: elle venait de temps en temps, en vélo, à 80 ans, chez mon copain d'enfance, Gilles, qui demeurait juste à côté de chez nous, rue Girardet: sa maman était présidente de la Croix Rouge: c'est ainsi que j'ai croisé, plusieurs fois, Marie Marvingt, en vélo...
La « Marie », comme on l'appelait, c'était une sacrée bonne femme, tu sais, elle disait qu'elle était « la fiancée du danger »... Les journaux ont écrit qu'elle a été « la plus grande sportive du siècle », avec 17 records mondiaux, un journaliste américain l'a même qualifiée de « femme la plus extraordinaire depuis Jeanne d'Arc » ...
Née en 1875, à Aurillac, Marie Marvingt perd sa mère à 14 ans, et arrive à Nancy, en 1889, avec son père et son frère ... A 15 ans, elle fait déjà Nancy-Coblence en canoë; à 24 ans, elle obtient brillamment son brevet de chauffeur d'automobile; à 26 ans, elle fait sa première ascension en ballon et réussit son brevet de pilote de ballon libre; à 28 ans, elle apprend à piloter une locomotive et des bateaux à vapeur; à 29 ans, elle participe à la grande épreuve de bicyclette Nancy-Naples et escalade la Trélaporte, dans les Alpes, en jupe-culotte, qu'elle vient d'inventer; à 30 ans, elle crée la 1ère école de ski civil française et réalise la 1ère traversée féminine française de Paris à la nage; elle avoue pratiquer aussi l'équitation, la boxe, le judo, le karaté, le tennis, le golf, le water-polo, le polo à cheval, le football, la spéléologie, le saut, la course à pied, le canot automobile, le vol à voile, l'aéroplane, elle sait manier le sabre, l'épée et le fleuret, elle est championne de tir aux pigeons, chasse la panthère en Afrique, et le phoque dans l'Artique... Incroyable, tu vois, mais c'est vrai !...
En ballon, seule à bord, en 1909, à 33 ans, Marie Marvingt, la « Marie-casse-cou » s'envole de Nancy pour l'Allemagne puis, encore mieux, traverse la Mer du Nord et rejoint l'Angleterre ; elle effectue aussi son 1er vol en avion monoplan, de Nancy à Jarville; à 34 ans, en 1910, elle reçoit la médaille d'or de l'Académie des Sports, pour tous les sports, et devient la 3ème femme au monde à obtenir son brevet de pilote d'avion, la 1ère sans « casser du bois », comme on disait à l'époque; en 1911, elle invente l'avion sanitaire et confie à un ingénieur la construction du premier avion-ambulance; à 38 ans, pendant la guerre de 14-18, elle se « déguise » en homme, combat avec ses camarades, les « poilus », au milieu des tranchées, dans les rangs des Chasseurs à Pied, participe à de nombreux bombardements aériens, obtient même la Croix de Guerre pour le bombardement d'une base allemande, et termine la guerre en infirmière, comme assistante en chirurgie, au sein de la Croix-Rouge...
Dans le monde entier, à partir de 45 ans, Marie Marvingt est accueillie comme un grande conférencière, qui prend encore le temps, en 1921, d'inventer le ski métallique pour le sable et la neige; à 48 ans, elle est la 1ère femme blanche à entrer à In-Salah, lors de sa traversée du Sahara, dans une voiture à chenilles; à 54 ans, elle fonde les Amis de l'Avion-Ambulance, dirige et joue dans 2 films documentaires, « Sauvés par la Colombe » et « Les Ailes qui sauvent », qu'elle tourne au Maroc, où elle crée l'aviation sanitaire civile; en 1935, elle est promue Chevalier de la Légion d'Honneur: elle a 60 ans... et devient la femme la plus décorée de France: 34 décorations...
Elle fait le tour des Etats-Unis, où elle continue à donner des conférences, pour gagner sa vie; à 62 ans, elle est nommée Chevalier dans l'Ordre de la Santé Publique pour ses contributions à l'aviation sanitaire; à 65 ans, elle crée un centre d'accueil, « Le repos des Ailes », pour les aviateurs blessés, en convalescence, et elle reçoit la 1ère licence de secouriste de l'air; en 1949, elle est nommée Officier de la Légion d'Honneur et publie plusieurs livres: « La Fiancée du Danger », « Ma traversée de la Mer du Nord en ballon » et « Les Ailes qui sauvent »; en 1950, elle reçoit, à 75 ans, la médaille de la Ville de Nancy, et publie « Sauvés par la Colombe »; le jour de son 80ème anniversaire, elle survole Nancy en avion à réaction à 1200 km/h, en compagnie d'un officier US de la base deToul-Rosières; à 85 ans, elle pilote le 1er hélicoptère à réaction français; elle fait encore, en 1961, Nancy-Paris en bicyclette, à 86 ans, et l'après-midi de son arrivée, elle survole la capitale dans un hélicoptère à réaction.
Marie Marvingt, la seule femme au monde à détenir ces 4 brevets: avion, ballon, hydravion, hélicoptère, Mademoiselle Marie Marvingt, la pionnière, la « sportive universelle », qui pilotait aussi des dirigeables, parlait 5 langues, avait étudié le droit, la médecine, le chant, le dessin, la peinture, la sculpture, la graphologie, l'astrologie, la météorologie, la psychologie... la « Marie », cette femme exceptionnelle, meurt à « Maréville », à Laxou, le samedi 14 décembre 1963, dans l'oubli et la pauvreté, à 88 ans... Une messe d'enterrement est célébrée le 17 décembre 1963 en la Basilique Saint Epvre, sa paroisse, puis c'est l'inhumation au cimetière de Préville, dans le vieux caveau familial où elle retouve son père et son frère... 20 ans plus tard, le 14 janvier 1984, ici, à Maxéville, le Complexe Sportif Marie Marvingt est officiellement inauguré.
Voilà, tu vois, une vie bien remplie ...« Oh oui, mais dis, Papy, pourquoi tu ne ferais pas une exposition, ici, à Marie Marvingt, sur Marie Marvingt ? »... « C'est une bonne idée, ça, petite, c'est possible, j'ai des textes, des photos, des contacts, je verrai ça avec la Mairie... En attendant, salut, fillette, et retiens bien la leçon de Marie Marvingt: « Un modèle de jeunesse, de dynamisme, de générosité, de foi en l'être humain ! »... « Max'Elan »
Commentaires