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Maxéville, un nouvel Elan
Groupe Municipal de Gauche
Semaine 28: « A la Bastille... » « A la Bastille, on aime bien Nini Peau d'chien »: pourquoi ce vieux refrain de fin de banquets me revient-il en tête, ce mardi soir,
lors du dernier Conseil Municipal d'avant les « grandes vacances », je ne sais, mais la Bastille me fait penser à la Révolution, et la Révolution, à Big Brother ... Vous connaissez ?...
En 1948, Georges ORWELL, célèbre auteur britannique, publie un roman-fiction intitulé « 1984 »....L'action se déroule dans un pays imaginaire, dirigé par Big Brother, créateur et chef du
parti unique et donc chef de l'état: surveillant général du territoire, il est omniprésent dans tous les domaines: dans toutes les rues sont apposées ses photos, dans tous les foyers sont
installés ses « télécrans ». C'est un leader révolutionnaire, le seul héros reconnu officiellement par le pays, et qui proclame partout, haut et fort, que « la liberté, c'est l'esclavage » et que
« l'ignorance, c'est la force »... Aux ordres de ce parti, qui ne se trompe jamais, quatre ministères: la Vérité, la Paix, l'Amour et l'Abondance... La population, elle, est divisée en trois
classes: le Parti intérieur (les dirigeants), le Parti extérieur (les subalternes) et les Prolétaires (les ouvriers et les travailleurs)... Cela ne vous rappelle rien ? ...
Ce mardi soir, au cours du Conseil Municipal, où l'ordre du jour est quelque peu monotone, je m'assoupis et me retrouve plongé dans le monde inquiétant de Big Brother... Dans mon rêve, (ou
plutôt mon cauchemar), le vieux Big passe le relais à son jeune cousin, l'omniprésident national, qui, tout de go et sans rire, déclare devant un public de parvenus, accourus l'acclamer: « Vous
êtes impatients ? Nous aussi... Ne vous inquiétez pas, je vais faire le ménage, au Karcher ! »... Face à l'enthousiasme de ses militants, il ajoute: « Désormais, quand il y a une grève, personne
ne s'en aperçoit »... Et de poursuivre : « Je veux réconcilier la France avec l'argent, parce que l'argent, c'est la réussite...Je crois au capitalisme et à la mondialisation... et à l'Europe
unie à l'OTAN ... Je veux remettre de l'ordre dans nos institutions ... dans nos armées... et dans le service public, notamment à la télévision...». Applaudissements nourris de la salle ... Seul,
Fanfan Manqu'de Pau ose lancer: « Et les Droits de l'Homme, en Chine, en Syrie, en Lybie ?... et le pouvoir d'achat, en France ? »... « On s'en occupe ! » lui répond séchement le Big, qui, en
apparté, confie à ses fidèles: « Le langage politique est destiné à rendre vraisemblable les mensonges ... et à donner l'apparence de la solidarité à ce qui n'est que du vent »... Apparaît alors
un autre politicien, plus local celui-là, Big'Max, zélé partisan de notre Big national... Big'Max est partout dans la vie de sa ville, il contrôle d'une main de fer son conseil municipal et ses
commissions, noyaute la vie associative et les clubs locaux, et, s'il le faut, emploie n'importe quels moyens pour garder le pouvoir... Démosthène, le doyen de la ville, se lève et lui crie, très
en colère: « Il n'est pas possible de constituer par l'injustice, par le parjure, par le mensonge, une puissance qui dure ! »... La Fée Clochette, la muse culturelle de Big'Max, lui glisse à
l'oreille : « Ne l'écoute pas, Big, il radote ». L'aspirant (ou aspiré) sous-lieutenant de vaisseau, Gégé du Saint Laurent, acquièsce d'un signe de tête... « Faut vous dire, monsieur, que chez
ces gens là, on n'pense pas, monsieur, on n'cause pas, monsieur, on n'vit pas, monsieur ... on triche » ... Mendès, un honnête citoyen de la ville, défile seul dans les rues en brandissant sa
petite pancarte: « La démocratie, c'est d'abord un état d'esprit ». Alain, que tout le monde, ici, dans le quartier, surnomme « Mimile », le croise au carrefour, l'approuve et lui déclare: « Ce
que j'appelle République, c'est une énergique résistance à l'esprit monarchique »... Et Dédé Malraux, son voisin d'immeuble, de rajouter: « Vive la révolution !... la révolution, c'est les
vacances de la vie »... Vacances ? ... Ce mot me réveille: j'entr'ouvre les yeux et me voilà revenu au beau milieu de ce conseil municipal, le dernier avant les vacances...
Je demande à ma voisine où l'on en est...« C'est bon, me confie-t-elle à voix basse, tout va bien, le maire vient d'accepter que l'opposition puisse enfin inclure régulièrement dans le Pimax',
(le mensuel d'informations de la mairie), un petit commentaire sur l'actualité politique du mois »... « Ouf, c'est toujours ça de gagné, mais pourquoi avez-vous reculé vos chaises si loin de la
table du conseil? »... « C'est parce que la Grande Prêtresse de la Culture vient de prendre la parole pour présenter sa délibération: renouvellement de la convention de partenariat avec la
Compagnie théâtrale « Materia Prima »: nous ne sommes pas contre la culture, bien au contraire, et nous voterons pour cette délibération; mais nous sommes contre le fait que ce soit cette
personne là qui s'en occupe: pour nous, sa présence au sein du Conseil Municipal est illégitime, elle a triché pour y arriver, nous ne participerons donc à aucun débat culturel, tant que ce sera
elle qui l'animera ... Voilà pourquoi, pendant qu'elle parlait, nous nous sommes retirés symboliquement de la table du Conseil...De plus, tu sais, elle a commencé sa déclaration, tout à l'heure,
sur un ton prétentieux et professoral: « Moi, qui suis Ingénieur au CNRS de Nancy »... Tu te rends compte, quelle suffisance, quelle arrogance, quel mépris pour nous autres, les petits métiers,
les sans grades... ». De fait, on se retrouve au début de mon rêve: rappelez-vous, trois classes existent dans le monde de Big Brother: les dirigeants (la classe privilégiée, dont fait partie
notre Nymphe de la Culture, tout comme BigMax' et sa garde rapprochée), les subalternes (appelés aussi sarkoband's), et les autres, nous, les modestes citoyens, qui, pour contrecarrer cette
municipalité hautaine, autoritaire et monarchique, et restaurer une vraie démocratie sur notre commune, avons choisi de nous regrouper autour de l'équipe « Maxéville, un nouvel élan », pour
préparer ensemble des lendemains républicains où rayonneront pleinement ces trois précieux soleils: « Liberté, Egalité, Fraternité » !
Bon 14 juillet à tous, et dans l'attente de notre « révolution » pacifique à Maxéville, bonnes vacances !... Rendez-vous, ici, le dimanche 17 août, « pour les dernières nouvelles de demain »...
Max' Elan
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